Chroniques à Vélo:
Mardi 18 mars 2008
À lire
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Lundi 17 mars 2008
Les sentinelles
Elles sont immobiles. Distantes. Mais la distance entre elles n'est pas identique. Le soleil brille. Aucune ombre n'apparaît. Midi est dans quelques heures pourtant. Ma respiration berce le temps. Un rythme, plusieurs souffles. Ces sentinelles, au loin, armes à la main, attendent. Les volutes de leur respiration, hautes perchées, déchirent le bleu, déchirent le ciel. Leurs bottes, fixes, ne peuvent dissimuler les mouvements des pieds. Étendue glacée, profondeur du son. Me voilà au pied de l'autel. Mes sens, assis sur les lèvres de cette église hivernale, glissent et roulent. Le cristal de la neige éclate, les portes de l'église s'ouvrent. Elles sont là, devant moi. Curieusement, la distance, entre ces sentinelles et moi, semble toujours immobile, malgré l'avancement de mes efforts. À vitesse régulière, rien à faire, je m'éloigne de ce sacerdoce. Je peux encore et toujours distinguer leurs vêtements, disparates. J'aperçois leurs têtes baissées comme avant la communion. L'espoir, dans l'œil mi-clos de la plus petite sentinelle, comme l'homélie, semble long et ennuyeux. La plus grande sentinelle murmure le silence. La dernière sentinelle, de son arme, disperse le cristal qui s'accumule à ses pieds. De ma chaire, j'exorcise, je conjure le temps de continuer à bercer le vent et à le garder endormi. Mes yeux effacent, à chaque clignement des paupières, une distance inégale de la route zébrée sur laquelle je progresse. Je garde ma distance. Seulement, mes yeux, rapidement, franchissent la distance entre les sentinelles et moi. Leurs regards me laissent croire que je suis le pécheur. Devant leur trou, malgré leur brimbale, aucun poisson. Ces trois pêcheurs, toujours immobiles, me pardonnent. Les pneus de mon vélo sur les traces fraîches d'une motoneige ne sont pas la cause de cette sortie bredouille sur ce lac gelé. En franchissant, vers la sortie, les portes de cette église gelée, le soleil est venu déposer une ombre à mes pieds. En me retournant, les sentinelles avaient disparu et le vent soulevait mon bonheur déposé sur chacun des bancs d'église. Le Memphrémagog s’est rendormi.


Lundi 17 mars 2008
L'espace d'une mémoire
Cette nuit, je me suis endormi avec le deuxième orteil du pied gauche entre le premier et le deuxième orteil du pied droit. Comme si j'avais besoin de créer un espace dans mon sommeil. En matinée, j'ai posé mes métatarses sur les surfaces enneigées du parc du Mont-Orford. Comme si j'avais besoin de croire à un espace. À mon espace. C'est sur les pistes du parc avec en-tête, non pas les deux titres du journal du matin : « Des villages en sursis — L'importance d'occuper le territoire » et « Tibet, calme et malaise. La chine resserre l'étau » que je suis allé skier avec Paul, mais bien les lignes du commentaire lu la veille sur les pages de mon carnet (http://teteavelo.monblogue.branchez-vous.com/2005/07/12#107213_1822849) sous le titre — La renaissance — publié le 12 juillet 2005. L'espace, que nous avions, était de deux heures 30. Le temps était nuageux et doux. La neige, légèrement glacée, laissait tout l'espace à une excellente glisse. Et les souvenirs sont venus combler l'espace. Aux premiers pas, je ne me demandais plus si le Tibet devait poursuivre ses manifestations? Ni pourquoi il devait se battre, quand il possède autant d'espace. Non ! En cette préparation de la prochaine saison de vélo, je rappelai à Paul nos débuts à vélo, il y a quelques années déjà. Été 91. Mario vient confirmer la rumeur voulant que la seule boutique de vélo en ville ait engagé un mécano. Pas n'importe quel mécano. Un cycliste-mécano. Un pro. Un coureur. Tous nos espoirs de voir enfin quelqu'un nous instruire sur le vélo seraient-ils arrivés ? Un Français ? Non ! Nous dit-il ! Italien ! Le ton frondeur, l'assurance d'un ami de longue date, l'humour, où chaque courbe des mots à l'accent italien, soulève les rires, l'invitation tombe. — Ce soir, 17 heures. On roule. Je vous attends devant la boutique. Première sortie, premières minutes d'une longue amitié. À coup de claques derrière le casque, de sacre québécois et surtout de rire, il nous enseignait le vélo. Chacun de nous, avons appris à rouler, à courir, à grimper, à sprinter, à s'alimenter. Que ce soit sur des Di Marco ou autres bécanes, il a été notre Guru. Les crevettes, c'est comme cela qu'il appelait mes enfants, aimaient, même si tous les jours nous nous appelions, le voir, l'entendre parler, casser la croûte avec lui et Lyne. Depuis, il partage encore notre vie à chaque sortie à vélo. Nous roulons encore avec lui dans la côte des serres sur le chemin d'Austin. Nos entraînements « Tour de France » lui sont toujours dédiés malgré l'intensité démesurée de cet effort. Chaque camion-benne cache, derrière, Marco sprintant pour arriver premier aux feux de circulation. Nos débuts de saison débutent toujours à la Nurchi. Il y a le retour à Magog par la 112 qui garde la marque de Marco. Chacun, à sa manière, cherche sa manifestation dans l'espace. Nous, pendant plusieurs kilomètres, l'été, à vélo, laissons les souvenirs laissés par Marco recouvrir ces espaces.


Samedi 23 février 2008
Premier mirage
Le chemin laissait deviner ses courbes. La montagne, dans son réveil matinal, cherchait le soleil à travers les altostratus. Sous son ombre, la neige, froide et cristalline, reluisait sous le vent. Chaque pas du vent soulevait quelques flocons vers l'éternité. Les spatules de mes skis, elles, freinaient, à l'occasion, l'élan de liberté de cette poudreuse. Ce matin, je décidai d'aller skier. La séquence est simple ; réveiller les enfants, préparer leur repas, mettre l'équipement dans la valise et chasser quelques réflexions. À jeun, les mains gantées, les skis parallèles et les écouteurs sur les oreilles, je foulai les premiers mètres balisés du sentier du Parc du Mont-Orford. Sans bruit, afin de ne pas réveiller la forêt, je sélectionnai la première des 13 chansons de mon Ipod. « Papa, pourquoi Lise n'est-elle plus l'amoureuse de Robert ? » C'est la réverbération d'une de réflexion matinale qui m'est revenue juste avant le sentier no 3. Hier, au souper, mon dernier m'a posé cette question. Pourquoi appelle-t-on « restes », les restants de repas que nous conservons au frigo pour les « au cas où » ou les « on ne peut pas jeter ça, c'est… » ? C'est ce qui m'est venu à l'esprit tout de suite après qu'il a fini de poser sa question. Même si, pour moi, les « restes » sont économiques en temps, en argent et diminuent le temps de préparation de repas et la vaisselle à faire. J'imagine mal mon garçon, à 17 ans, expliquant à sa copine pourquoi il la laisse. — Notre amour, c'est un peu comme un reste de repas dans le frigo. C'était bon la première fois, mais une fois dans un plat hermétique, qui conserve les odeurs et que l'on oublie après deux semaines, un moment donné, il faut faire quelque chose avec ? Donc, ce matin, c'est sur mes skis que je trouverai la réponse. L'explication. Les Y tracés sur le corduroy s'accumulent. Le long sifflement du ski réveille, à chaque glissement, le crépitement de la neige endormie. Le vent gonfle la neige des arbres et forme des mirages. Est-ce sa première perception de l'amour ? Est-ce une perception injuste de l'amour ? Une perception incompréhensible de l'incompréhension de l'amour ? Le vent continue à gonfler la neige des arbres et forme de nouveaux mirages. Dédé Fortin chante Je vais recommencer le monde, je vais faire de quoi de beau. Comment expliquer à un enfant de 6 ans — pourquoi l'amour se termine ? Le vent gonfle la neige et forme un dernier mirage. Croissants, amandines, thé et muffins aux fruits. Peut-être pas la meilleure réponse ? Mais sûrement le meilleur déjeuner. Bon appétit !


Lundi 28 janvier 2008
Silence, nuages et petit homme
- 18 degré Celsius. Le chien droit, marche vers l'Anse. Le crépitement de mes pas sur la neige froide du matin s'accorde au murmure du vent qui, aux nuages, glisse la recette du bonheur. Quelle est-elle, cette recette ? Je pourrai toujours dire, à mes enfants, à mes amis, qu'un souffle de bonheur est, un matin d'hiver, venu caresser mes oreilles. Que c'est la faute de la neige si je n'ai pas tout compris. Je suis en direction du lac. Patins dans le sac, pelle à l'épaule. C'est aujourd'hui, que je m'élance. Je donnerai le premier coup de pelle. Ce matin, je fais un anneau de glace sur le lac. Je fais un anneau de glace pour mon fils. Deux heures à pelleter et je n'ai qu'un 1/4 de l'anneau de fait. Mon rythme cardiaque s'établit à 135 pulsations minutes. Le chien assis près du sac, accueille le murmure du nuage. Mirage ? Je crois qu'il lui répète le secret. J'ai devant moi un chien heureux, un lac gelé et une patinoire inachevé. Ma vie, aujourd'hui, achevé l'inachevable. Réaliser ce travail, exigeant, certe, mais qui me réjouit ! Le soleil dans le dos, je lutte contre la neige et travaille à vouloir entendre ce murmure. Je demande, à chaque coup de pelle, qui de moi ou du chien est le plus bête. C'est la tête baissée sur le clavier que j'attends mon fils. J'ai hâte de le retrouver. Le chien droit, marche vers l'Anse. Le crépitement de nos pas sur la neige plus chaude de cet fin d'après-midi s'accorde au murmure de mon fils. Le vent a disparu, les nuages aussi et je viens d'entendre la première strophe, le premier murmure du secret, du bonheur ! - Papa ! on est bien tous les deux. Demain, je termine l'anneau.


Mardi 12 juillet 2005
La renaissance

L'objet renaît-il?

Bien que le soleil soit toujours occupé à remplir le ciel, j'ai eu quelques misères à laisser la trace de mes pneus sur la route dernièrement. À laisser le soleil remplir mon dos et déposer ainsi mon ombre sur le chemin.

5 jours! 5 jours à laisser les gras trans et les glucides se batailler la meilleure place de stockage. 5 jours à voir athlètes d'élite comme du dimanche croire à leur destin. Certains d'entre eux souffrent, les autres croient souffrir.

Mon vélo, peut-il s'être tu aussi longtemps? Était-il mort? J'ai cru entendre sa voix? L'appel du vélo? De mon vélo!

Est-il à préparer sa renaissance? Ma renaissance?

C'est à se demander la première chose qu'un nouveau né reçoit lorsqu'il voit le jour?

La lumière? Le son? L'amour de ses parents? L'air qu'il respire? La vie? Celle à sens unique?

Mais lorsque l'on renaît? Que reçoit-on en premier?

L'appel d'une voix? Le retour de notre voix? L'envie de refaire sans passer aux mêmes endroits?

 

Aujourd'hui, je n'ai pas attendu de voix. Aujourd'hui, je n'ai pas été balayé par le vent. Aujourd'hui, je me suis mis à écouter. Aujourd'hui, j'ai écouté mon coeur, celui qui bat à 50. Celui qui veut battre à 200.

Aujourd'hui, l'objet qui renaît n'est pas l'objet matériel, mais bien l'objet pour lequel j'aime vous écrire...

... Le goût de vélo.

 




Lundi 11 octobre 2004
Le vélo est un plaisir hypnotique

Le plaisir cycliste se retrouve-t-il  dans l’incessant tour de manivelle du pédalier ? Ou encore, à la vue des muscles de l’arrière jambe du copain de sortie ? Est-il possible qu’il soit dans le fendillement du pneu avant qui repasse à vitesse variable sous la potence ?

 

Le plaisir du vélo ! Drôle de plaisir ! Comment expliquer au quidam qu’il est plaisir de refaire les mêmes passages, les mêmes mouvements, les mêmes douleurs sur son vélo d’année en année.

 

Qu’après des milliers de kilomètres à rouler à vélo sans presque jamais sauter une journée, les plaisirs s'enhardissent. Ils s’accumulent, jour après jour, à la micro puce de l’odomètre. L’ouvrir ? Ne serait-ce que pour l’apparition de milliers de kilomètres, de milliers de souvenirs.

 

Chaque cycliste, qu’il soit sprinter, grimpeur ou rouleur, possède un odomètre à souvenir. Il s’active à la vue du moindre détail, du détail coutumier.

 

Aux premières accélérations, le quadriceps réveille les souvenirs comme un projecteur. Il révèle le grain de l’asphalte quotidiennement emprunté, les défilements, entre les descentes de  fourche avant, des lignes goudronnées, des rayures grisonnantes et des cailloux parsemés de la surface roulante. Cette projection se fait dans le décor des saisons et ses changements.

 

Le quadriceps débobine, embobine, il cycle les souvenirs.

 

Le cycliste sait reconnaître ces projections, se sont les redondances de la route. Des redondances construites à la connaissance des multiples passages sur les mêmes kilomètres. Les mêmes mais jamais les mêmes, comme d’anciens nouveaux kilomètres. Comme un film que l’on a déjà vu mais avec d’autres acteurs !

 

Gober de l’asphalte. Mauvais titre de films mais besoin primaire du quadriceps cycliste.

 

Bien que la tête du cycliste reconnaisse les paysages bitumiques, le quadriceps, lui, a ses sensations. Sensations intimement liées à l’odomètre cérébral du cycliste. Remémoration du parcours ? Sensation instantanée dans le quadriceps ! Il ressent le grain, l’aspect du bitume, les aspérités, les couleurs. Tout cela  devient des marques, des références.

 

Si par hasard, le cycliste se retrouve sur un nouveau parcours, par le grain, il sait ce qui l’attend. Il est en mesure de calibrer son effort et se porte aux aguets de l’adversaire. Car il sait quel adversaire préfère ce type de grain.

 

Le synopsis du vélo est la lecture de l’adversaire. Cette lecture, cet apprentissage de l’adversaire se fait à coup de flingue, de mines, de train imposé. L’apprentissage du scénario, de la trame, de l’intrigue se fait à la dure. Tout cycliste doit construire ses sensations rapidement. Mais encore plus important, il doit reconnaître l’adversaire.

 

Une musculature, un adversaire, un autre type de musculature, un autre type d’adversaire. L’adversaire se reconnaît à ses muscles, ses quadriceps et ses mollets. Au départ d’une course, je sais allure à laquelle je dois m’attendre juste au regard posé sur les jambes de l’adversaire. L’allure de la jambe poilue est bien différente de celle rasée. La jambe rasée est moins sournoise. Elle sait nous décrire chaque muscle, mais faut-il savoir reconnaître les muscles ?

 

Tout cinéphile doit voir plusieurs films sur un même sujet afin de connaître l’oscar du navet. Tout cycliste doit rouler plusieurs parcours pour distinguer le le ccycliste du touriste. Plus le cycliste roule, plus il varie le dénivelé, plus il allonge les sorties, plus il aiguise sa capacité d’analyser l’adversaire. Les jambes de l’adversaire sont comme les yeux, ils nous parlent, nous expriment leurs rendements.

 

Connaître l’adversaire est simple. Chaque parcours, chaque chemin sculpte son muscle.

 

Le quadriceps immense, le mollet galbé qui frôle le porte bouteille à chaque coup de manivelle, la fesse qui déborde de la selle, annonce l’adversaire sprinter. Ce dernier cherche à s’exprimer sur un grain qui s’allonge. Le faux plat descendant, le sillon d’une roue arrière l’oblige à exploser, à gicler, à flinguer. Il veut te sauter la gueule à deux cents mètres du poteau, de la pancarte, de la boîte aux lettres servant de finish.

 

Le petit mollet, la jambe fine qu’on se surprend à confondre avec la tige de selle cache le grimpeur. Il cherche l’abri, évite les grands vents décoiffant et les bordures. Son terrain de jeu ? La montagne ! Celle qui pèse deux mille mètres et qui s’allonge de plusieurs kilomètres. Le seul surpoids qu’il transporte est la sueur. Il attend la bosse pour déposer sa mine et imposer son rythme d’enfer, de sueur et de quadriceps tétanisés.

 

La jambe longue et harmonieuse, c’est le rouleur. D’un acabit fémurien, il porte sur ses cuisses toutes les marques laissées par le vent. Il se gargarise de bordures, de faux plats ascendants et de longues lignes droites sans fin. Il offre l’abri, ce qui nous permet de voir son vaste interne presque caresser le tube horizontal. Sa seule attaque, nous décrocher au train. Sa seule stratégie, nous faire prendre du vent. Un vent de face, un vent plein la gueule qui épuise la jambe fine et le quadriceps immense.

 

Le plaisir de mon vélo se retrouve aussi avec mes amis, mes chemins les plus fréquentés et l’appel incessant d’aller rouler. C’est ma religion !

 

Je pratique ma religion à tous les jours…

 

… je roule à vélo !




Mardi 14 septembre 2004
Une passe dans ma tête

 

Cinq !

Première fois cette année que nous nous retrouvons cinq pour grimper la montagne.

 

Je les ai vues jaillir à la descente de l’auto ! Deux paires de quatre. Huit ! En fait. Sculpturaux ! Définis ! Dès que mes yeux se sont posé sur les quadriceps de J-F, j’ai pris 15 livres. Ma bouche s’est immédiatement fermée. Incapable d’annoncer que je suis, à ce moment, à cette vue, devenu balaise, que j’ai, à ce moment précis, sans prévenir, les grosses jambes, que je suis collé…

 

Il faut que je dise une connerie… Je ne peux me laisser envahir… par la défaite. Dans ma tête, une petite équation se dessine. 

 

La musculature + le VO2max très élevé de J-F = capacité qu’il me fasse mal.

 

Et si je prenais la tête ?

 

Je serais le premier des cinq. J’imposerais mon rythme. Je deviendrais le Daïla Lama du Mont-Chauve. Il faut leur laisser l’impression que je suis en plein contrôle de mes moyens, de ma capacité physique au cours de 12 prochains kilomètres. Que chacun de mes pas guideront, vers le sommet, mes quatre partenaires.

 

C’est plutôt Paul, le fidèle, qui prend la tête. Philippe, la bête et Robert, le géant à la voix caverneuse le suivent.  Je m’insère entre les deux laissant la dernière place à J-F . Tout coureur sait que le dernier a plus de chance de faire l’élastique. De travailler plus fort pour suivre le groupe, de réagir plus tard à une accélération après avoir été ralenti au franchissement d’un obstacle.

 

L’entrée de la piste nous attend de l’autre côté de la 220. Instinctivement, la file indienne s’installe. La rosée de la matinée est encore fraîche sur les arbustes et l’herbe. La piste est sèche et large. Le soleil perce les feuillages. Une odeur, comme à chaque sortie en montagne, s’élève, s’infiltre en nous. La mémoire du nez s’efface. Tout est renouveau. L’esprit s’évade aux premières sueurs. L’effort apaise la crainte. La peur s’éjecte à chaque respiration.

 

Puis s’installe, au rythme du cœur, une douceur. Une douceur qui vient, qui reste et qui passe dans ma tête. Une douceur qui illumine. Bizarrement, je crois que c’est le bonheur qui s’installe sur ma tête. Ma tête se libère et laisse mon esprit franchir, seul, sans aide, la passe qui s’est créée dans ma tête.




Jeudi 03 juin 2004
Les morceaux

Sortie du mercredi

 

Mon vélo est fait d’acier, de carbone et de titane. Mes roues sont d’un alliage d’aluminium et d’acier inoxydable. Plusieurs morceaux composent mon vélo. Je ne sais trop. 200, 300 morceaux ? Je ne sais pas.

 

Où tu vas Papa ?

 

La curiosité d’un enfant de 2 ans est semblable à la neige. Elle tombe doucement, légère. Elle s’accumule sur nous. La neige n’est jamais triste.

 

Je vais rouler à vélo. Tu vois, ici, je pose mes pieds. Se sont les pédales.

C’est quoi ?

Une selle.

Est-ce qu’il pleut dehors ?

 

Je me dépêche. Le soleil vient de sortir. Il est à l’aurore de son coucher. Le ciel n’est pas encore positionné. Le vent, avant de s’endormir, l’agite quelque peu.

 

La route menant à Magog est claire. Les vallons s’étendent sur 30 km. Une roulette. C’est ce que mes jambes feront aujourd’hui. Une roulette. De la moulinette. L’effort? Se concentrer à maintenir un RPM régulier en montée comme en descente. 100 ! C’est le RPM que je maintiendrai pendant une heure. 39 x 19 ? C’est le braquet.

 

Le temps est à l’automne. Il est une image. Fixe, pendant une heure. La sensation de traverser le temps, de traverser un paysage immobile comme s’il attendait le photographe, le marchand sable. Bon dieu qu’il est patient.

 

Ce plaisir, cette traversée, cette immobilité, je l’amène avec moi, au pied du Mont-Orford. Devant la montée du chemin de la Montagne, le lilas et son arôme tracent les derniers serpents de route avant que l’ombre de la montagne laisse tomber, derrière mon passage, les odeurs de la journée. À chaque virage, à chaque montée, une traînée de brume s’envole de mes lèvres entrouvertes. Mes jambes battent la cadence et me ramènent vers la maison.

 

Non. Il ne pleut plus. Regarde, il y a des morceaux de soleil!




Vendredi 28 mai 2004
Mon casque

Sortie du jeudi,

 

Vous souvenez-vous? Dimanche dernier, ma fille s’est acheté un maillot. Un si petit bout de tissu à un si grand prix chez un Sport Expert à Magog. Un dimanche après-midi. Pas que nous soyons chez ce détaillant, tout autre détaillant aurait été semblable. La question n’était pas l’endroit, mais ce que nous y faisions.

 

C’est comme ma sortie de jeudi dernier. J’étais à Sherbrooke, les enfants au stade d’athlétisme. J’avais une heure à rouler. Où ? Direction Katevale. Temps ? Heure du souper !!!

 

Les Québécois, lorsque l’heure du souper arrive, avons un mécanisme qui s’enclenche. Comme une petite voix nous rappelant que si nous arrivons en retard, nous allons passer sous la table. Une habitude ?

 

Une autre habitude, mon casque à vélo. Je roule, je me casque. Lors de cette sortie, je ne sais pourquoi, je l’ai oublié. J’allais me battre, contre les automobilistes, afin de garder mon bout d’asphalte, à tête nue.

 

Ces derniers, presque exclusivement seuls, roulent leur bagnole à toute vitesse. Ma seule crainte ? Passer sous leurs … roues !

 

Oublié mon casque! Un petit bout de plastique à un si grand prix. Je me demande qui pèse le plus ? Qui coûte le moins ? Le maillot ou le casque ? La première fois en 10 ans que je roule sans mon casque.

 

Mon premier casque a été acheté par souci de sécurité et de modelage auprès des jeunes à qui j’enseignais. Ce concept de sécurité est devenu l’arme ultime, l’arme de consommation massive. Je n’ai qu’à me convaincre – et aussi mon entourage – qu’il est nécessaire pour ma sécurité de me procurer tel équipement.  Les vélos, les souliers de course, le voilier, les skis de fond, les raquettes à neige, les raquettes de tennis, les patins et les vêtements techniques sont tous devenus une priorité. Il faut que je combatte le terrorisme antisécuritaire qui menace ma santé et ma condition physique !!!

 

Vous souvenez-vous? Dimanche dernier, ma fille s’est acheté un maillot. Un si petit bout de tissu à un si grand prix chez un Sport Expert à Magog. Un dimanche après-midi. Pas que nous soyons chez ce détaillant, tout autre détaillant aurait été semblable. La question n’était pas l’endroit, mais ce que nous y faisions ?




Samedi 22 mai 2004
Intervalle de vie

Sortie du lundi

 

Je regarde mon fils. Il a deux ans. Il construit la plus haute tour. Elle va touche le plafond C’est beau, hein papa ? Il a deux ans et déjà, comme n’importe qui, il veut plaire. Très vite il le sait. La tour tombe. Allez, pas de repos ! Il reconstruit.

 

Adulte, nous avons conservé cette façon d’être. Au travail, entre ami, dans le sport, en amour, nous voulons plaire. À la différence qu’aujourd’hui, nous voulons plaire vite, à plus de monde.

 

Je suis parti à vélo une fois la dernière tour terminée.

 

Qu’avons-nous au menu aujourd’hui? Intervalle pyramidale. 2 séries.

 

Le principe de l’intervalle est simple. Pour un temps déterminé, tu pousses au max. Tu as une période de récupération beaucoup plus longue que le temps de l’intervalle. Ce temps de récupération peut être 2 à 5 fois plus long. Tout bon athlète sait quand appliquant le contraire, longue période d’intensité avec courte période de récupération, il se dirige droit vers un surentraînement. Ce qui veut dire une décroissance de la forme physique.

 

Je suis présentement à la recherche d’une façon, non pas de plaire, mais de faire. Comment puis-je faire comprendre à tous ces gens que le principe de l’intervalle s’applique à tous les domaines ? 

 

Quelqu’un m’a dit que si un jour Jésus revenait sur terre, il ne ferait pas marcher les paraplégiques mais ferait marcher tous ceux qui courent ! Je présume qu’il s’entraîne par intervalle ?

 

Quelqu’un quelque part connaît le numéro de Jésus ?




Samedi 22 mai 2004
Un « temps-dem »

Sortie du dimanche

 

Il s’est arrêté pour la première fois cette année et c’était aujourd’hui, dimanche. Bien qu’il soit toujours actif, avant ou après, il s’arrête presque toujours le dimanche ou plutôt, quand il se décide à s’arrêter, c’est toujours un dimanche. Et encore une fois, j’étais à vélo. Fait rare, ce dimanche-ci, il s’est arrêté deux fois.

 

Je vous raconte la journée !

 

Contrairement à l’habitude dominicale, c’est François qui appelle le premier. Vas-tu pédaler ce matin ?

 

Il allait se joindre à Paul et moi.

 

Un peu comme les odeurs, le matin appartient à tout le monde mais trop peu en profite. Parlant de profiter de ce moment, bien que les boyaux soient confortables à rouler, ils demandent un peu plus de soins. Installé au sous-sol de la maison à les soigner et à préparer la guenille à se mettre sur le dos, ma fille m’appelle : téléphone. C’est Mario! À vélo depuis une heure, il m’appelle de son cellulaire. Il est en route pour venir me rejoindre à la maison.

 

Quatre ! Nous serions quatre à  rouler. Quatre et aucun sur la même fréquence.

 

Est-il nécessaire de vous raconter que Paul m’a téléphoné, après tous les autres, pour me dire que l’on se rencontrait comme à l’habitude.

 

Je disais donc que nous étions quatre à partir ce matin-là et il faisait un temps magnifique pour rouler.

 

Je n’ai jamais su comment bien l’expliquer. Je ne crois pas être plus en mesure de bien vous l’expliquer cette fois-ci. Je me rappelle, une fois, j’ai demandé à un ami cycliste, à qui ce phénomène arrive, s’il voulait bien le partager à ceux qui non jamais eu la chance de le vivre. Tu sais, il y a juste toi qui peux raconter ça…

 

Nous venions de rouler au-dessus de l’autoroute 10. À cet endroit, la 112 vient à la rencontre d’Orford. Le matin, le soleil est dos à nous. L’ombre d’Orford dort encore sur la montagne. Cette dernière accepte de se laisser chatouiller les pieds. Tout au long des 6 km qui serpentent la base de la montagne, la 112 vient à s’ouvrir sur le lac Orford. 

 

Habituellement, lorsque la dernière courbe avant de longer le lac est négociée, un silence s’installe. J’essaie de prendre le lead. Peut-être est-ce la paroi rocheuse qui surplombe le lac qui est responsable de ce phénomène? Mais il survient.

 

Le lac est immobile. Le vent absent. Le temps vient de s’arrêter. Je roule avec les copains dans l’immobile. Le temps de reprendre la prochaine courbe.

 

Le vent. C’est lui, je crois, qui nous déplace dans les espaces temps.

 

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Elle a treize ans. Elle voulait un maillot.

 

Il n’y pas eu de vent, de montagnes, de falaises, de courbes. Non! Rien de tout ça. Il y avait seulement une grande variété de maillots. Le temps s’est arrêté une deuxième fois pour moi cette journée-là. 1 heure 30 d’absence.

 

Pour ma fille, le temps s’est plutôt accéléré.

 

Le conflit intergénérationnel, ne serait-il pas un conflit temporel ?




Dimanche 16 mai 2004
Le chalet de « mononcle »

Sortie du samedi

 

L’un de mes plus beaux souvenirs, c’est lorsque mes parents, en été, nous amenaient, le samedi, au chalet de mon oncle Cyril.

 

Déjà, avant même le départ de la maison, ma  mère tentait d’exorciser la rivière et malheur à celui qui oserait s’y aventurer sans surveillance.

 

Ça sentait bon le pain qui embaumait toute la voiture. Une heure à humer ce parfum, nous pouvions rêver, sur la banquette arrière, mes frères et moi, à la préparation de notre prochaine expédition.

 

Au chalet de mon oncle Cyril, tout était en bouleau, du chalet à la table de pique-nique en passant par les toilettes.

 

Bien que tous ces souvenirs soient encore présents, celui qui m’est le plus cher, c’est le chemin. Celui qui menait au chalet. Celui bordé d’arbres, situé sur la crête d’une colline qui surplombait la rivière et un ravin.

 

Deux roulières, une lisière de gazon au centre, c’était le chemin. Seule voie à suivre. En plus de guider les voitures, il nous donnait, mes frères et moi, le sentiment du conquérant, celui qui redécouvrira le monde, un nouveau monde. Était-ce l’enfer ?

 

Pourtant, ce chemin devait être long que de quelques centaines de mètres. Mais il me foutait une trouille mais pas autant qu’il me fascinait. Le courage, je le puisais au côté de mes frères et surtout à la présence de mon père. Cigarette au bec, main sur le volant, regard amoureux à ma mère, il conduisait, sans broncher, la Chevrolet à bon port, bon quai.

 

Aujourd’hui, samedi, je suis retourné en se souvenir. À la place du chalet, l’endroit à conquérir, le Pic-de-l’Ours. Le chemin, le sentier des Crêtes. La voie bordée des bouleaux, épinettes et érables du Mont-Orford.

 

La seule chose qui a changé, les odeurs dans l’auto. Celle du pain est devenue celle des amis qui ont passé 90 minutes à courir sur le sentier des Crêtes, à monter et descendre les pics dans l’enfer des moustiques et la chaleur humide d’un début d’été.




Dimanche 16 mai 2004
Jour de lavage

Jeudi et vendredi, jour de lavage.

 

Était-ce le cerveau ?

 

À samedi…


Dimanche 16 mai 2004
À qui ce petit papier ?

Sortie du mercredi

 

À peine 100 mètres de roulé que déjà je viens d’en apercevoir. Après 1 km, j’en ai dénombré quelque 30. Seulement les montagnes. Imaginez 30 km ? Heureusement, j’ai cessé de les dénombrer, de les regarder. Mais « christ » qu’il y en a. C’est Paul, un ami, qui m’a fait la remarque, il y a quelques semaines.

 

- Tu vas voir, c’est incroyable! Il y en a plus qu’il n’y a de fleurs.

 

Une répétition, une régularité ! Un complot ! À se demander si ce n’est pas la neige qui apporte tout ça. Est-ce cela l’équilibre entre l’humain et la nature ? J’espère que non !

 

Un psychiatre soulignait, lors d’une conférence, l’importance de la réflexion collective. La capacité d’habiter ses gestes pour leur donner du sens.

 

À voir pousser les déchets dans les fossés à tous les 100 mètres, il y a, pour le moins, à Magog et ses environs, une collectivité qui réfléchit au traitement des déchets. Ce que je ne comprends pas, c’est le comment. Comment habite-t-il ce geste ? Quel sens lui donne-t-il ?

 

Charge adipeuse frottant sur le volant, l’individu croit que la propreté passe, avant tout, par sa voiture; rien n’y traîne. Accumulant les heures de travail à une vitesse folle, livrant un virulent combat avec le cholestérol qui s’accumule sur la banquette de sa voiture, il souffre, il stresse. Et voilà, qu’il s’individualise. Il habite sa voiture, il est seul. Il construit son sens de la communauté par un dialogue avec l’animateur à la radio. Ce dernier devient alors sa famille élargie.

 

Survient alors le problème. Que faire de ce papier ?

 

Non, il ne finira pas sa vie sur le plancher de sa voiture. Sa pensée se ralentit – cela arrive régulièrement lorsqu’une fenêtre est abaissée en hiver - et il laisse le papier prendre son envol.

 

Rien à faire du passé et encore moins de l’avenir, ce qui compte, c’est le présent et il est très reconnaissant pour l’individu. Aujourd’hui encore, sa voiture est restée propre!

 

Et vous ? Avez-vous une passion ?




Mercredi 12 mai 2004
Le chemin le moins fréquenté

Sortie du mardi 

 

Louis Vaillancourt, professeur adjoint à la faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l’Université de Sherbrooke raconte qu’il est possible de rencontrer Dieu. Il suffit de faire du sport. Pas N’importe quel sport. Un sport extrême. C’est-à-dire que les athlètes qui se soumettent à des épreuves extrêmes, tel que le vélo de longue distance, l’escalade, les grandes expéditions, peuvent mener à une « théophanie », que M.Vaillancourt explique comme « une manifestation du divin faisant irruption dans un événement naturel ».

 

Lycra noir, bleu et orangé collé à la peau, casque blanc et bleu sur la tête, lunettes jaunes devant les yeux, gants rouges sur les mains, Walkman sur les oreilles, pneus gonflés à 7 bar, voilà, je suis près. Comme le prêtre que revêt sa soutane, je roule à la rencontre de Dieu.

 

35 km sera mon chemin de croix aujourd’hui. Je ne sais si je vais emprunter le chemin de Damas ou le chemin des Pères, mais assurément je dois trouver Dieu avant le couché du soleil. À croire que je roule à l’heure des vêpres.

 

Mes premières prières seront 6 chapelets précédés d’un Notre Père en accéléré - 15 secondes d’accélération maximale, 2 minutes de récupération – avant la grande messe. Pendant 25 minutes, je tenterai de rejoindre Dieu tête baissée, fréquence cardiaque élevée et RPM régulier avant de communier avec le soleil qui décline derrière Orford.

 

Selon Vaillancourt, le sport, comme la religion, fait appel à un rituel « où se joue symboliquement un drame humain intense, celui d’un combat cosmique entre la vie et la mort où l‘humain doit montrer son courage devant l’adversité et la souffrance ».

 

Si je suis cette logique, le vent sur mes jambes fraîchement rasées, la petite poussée dans la montée de Belvédère, ces éclats lumineux sur la 112, la sensation de légèreté, d’envol  ne sont, en réalité, d’aucune Divinité ? La souffrance et l’adversité n’étant peut-être pas au rendez-vous lors de cette sortie, j’ai raté Dieu ? Peut-être ai-je trop eu de plaisir ? Reste à savoir !

 

Une chose est sûr, je pratique ma religion à tous les jours…,

…je roule à vélo !

 

Et si j’exposais mon cas à M. Vaillancourt ?




Mardi 11 mai 2004
Journée de congé

 

Le lundi, je cristallise.




Lundi 10 mai 2004
Vue sur cour arrière

 

Quoi de plus triste d’être toujours devant la même image ! Cette même image qui, de minute en minute, d’heure en heure, reste identique. Et devant un même mouvement ? Un, deux mouvements à peine, et hop, on recommence. Mouvement cyclique, routinier.

 

Si une image vaut mille mots, imaginez le même mouvement pendant une heure.

 

C’est ce qui m’est arrivé, dimanche, en fin d’après-midi. J’étais à vélo pour un retour au clame. Acide lactique oblige.

 

Un mouvement. Le même. Une apparition !

Une heure à regarder ce mouvement. À le découvrir.

 

Triste ? Pas du tout ! Heureux? Passionné ? Oui !

 

En réalité, un je-ne-sais-quoi s’est construit au fil des mètres roulés. Il est monté des pieds, a secoué les jambes, fait monter l’acide jusqu’au synapse et rendu impuissant le geste.

 

Témoin du mouvement !

 

Des courbes encore inconnues, mais superbe, où se dessine des formes souvent imaginées, je les ai touchées des yeux, pendant une heure ! Pourtant, je connais ces formes depuis longtemps. Depuis près de vingt ans. Formes silencieuses ? Je ne saurais dire !

 

Bref, rouler derrière ma blonde pendant une heure a fait naître une nouvelle passion, en moi...

 

...pour elle.




Dimanche 09 mai 2004
Sortie du dimanche

L’escalier, la vidange du matin, les questions de Willou réussissent à me tirer de mon sommeil.

« Papa ! Est-ce que je peux avoir ma bouteille de lait ? » s’écrie Willou. Je me surprends, ce matin, à éviter la routine : couche, lait, micro-onde, nouvelles du sport.

Je dois, et pour le reste de la saison, être à l'heure, pile au rendez-vous.  " Mon gars, évite l’évachement. Ouvre la télé, vérifie la météo, chauffe le lait et habille-toi, tu pars à 8 heures."

Je me sens en jambe et elles s’enfilent vite dans mes cuissards longs.

Je me prépare à affronter les jambes de 1300 bornes de Paul. Les miennes logent, en leurs veines et muscles, un pauvre 400 bornes.

Les fesses sur la selle, les cales bien enclenchées, 8 h 15. Je roule sur le chemin de Georgeville. Un frisquet vent de dos - miss météo prévoyait un petit 5 degré celcius - me pousse vers Magog. Rencontre de Paul. Après les salutations, direction Ayer’s Cliff pour une sortie de 50 km.

Ces premières sorties, comme les dernières, amènent plusieurs discussions. Aujourd’hui, mes yeux ne peuvent se taire. Le ciel gris apporte son lot de choses ; chevreuil dans la côte vers Nicolas Viel, têtes de violons en harmonie, même cet homme en bleu de travail avec un bandeau éponge « Nike » autour de la tête qui prend sa marche. Ma forme se situe à 175, 180 pulsations / minute aujourd’hui. Il y a aussi des amis qui, à l’occasion, me visite. Entre l’attente de la sortie d’un chien de la cour d’une maison d’une côte à 10 %, Nurchi est venu me saluer…  Je ne sais la raison !  Serait-ce le Hummer croisé 5 km avant qui porte tout le respect de Paul ?

Magog est …  Magog n’est rien !  Elle habite un besoin de plaire ! Elle est à la recherche d’un événement, d’une distinction, d’un savoir- faire, d’un savoir commun remarquable.

Coin Merry et Principale, à l'ombre du chêne, nous nous questionnons de la mesure (démesure ) urbaine de Magog. À qui appartient cette ville ? Entre les déferlantes de bateaux et moto marines, Memphré, en pleine nuit, serait-il venu manger l’âme de la ville ?  Ou est-ce Métro ?

Qu’importe, un déjeuner attend d’être servi ( Andrée dort-elle encore ? ) et quelque deux enfants préparent leurs muscles pour un entraînement d’athlétisme.

Bonne semaine !




Samedi 08 mai 2004
Compte rendu de ma sortie

Nada, rien...

Il n'y pas eu de roulette aujourd'hui...

Pourquoi ? Je ne le sais pas!

La fatigue de la semaine ? Les travaux en retard ? La partie de soccer de mon fils ?

N'empêche, demain roulette du dimanche avec les amis. Quelque 80 km !

Je vous en reparle...




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