| Chroniques à Vélo: |
Publi le samedi 22 mai 2004Samedi 22 mai 2004
Sortie du lundi
Je regarde mon fils. Il a deux ans. Il construit la plus haute tour. Elle va touche le plafond C’est beau, hein papa ? Il a deux ans et déjà, comme n’importe qui, il veut plaire. Très vite il le sait. La tour tombe. Allez, pas de repos ! Il reconstruit. Adulte, nous avons conservé cette façon d’être. Au travail, entre ami, dans le sport, en amour, nous voulons plaire. À la différence qu’aujourd’hui, nous voulons plaire vite, à plus de monde. Je suis parti à vélo une fois la dernière tour terminée. Qu’avons-nous au menu aujourd’hui? Intervalle pyramidale. 2 séries. Le principe de l’intervalle est simple. Pour un temps déterminé, tu pousses au max. Tu as une période de récupération beaucoup plus longue que le temps de l’intervalle. Ce temps de récupération peut être 2 à 5 fois plus long. Tout bon athlète sait quand appliquant le contraire, longue période d’intensité avec courte période de récupération, il se dirige droit vers un surentraînement. Ce qui veut dire une décroissance de la forme physique. Je suis présentement à la recherche d’une façon, non pas de plaire, mais de faire. Comment puis-je faire comprendre à tous ces gens que le principe de l’intervalle s’applique à tous les domaines ? Quelqu’un m’a dit que si un jour Jésus revenait sur terre, il ne ferait pas marcher les paraplégiques mais ferait marcher tous ceux qui courent ! Je présume qu’il s’entraîne par intervalle ? Quelqu’un quelque part connaît le numéro de Jésus ? Samedi 22 mai 2004
Sortie du dimanche Il s’est arrêté pour la première fois cette année et c’était aujourd’hui, dimanche. Bien qu’il soit toujours actif, avant ou après, il s’arrête presque toujours le dimanche ou plutôt, quand il se décide à s’arrêter, c’est toujours un dimanche. Et encore une fois, j’étais à vélo. Fait rare, ce dimanche-ci, il s’est arrêté deux fois. Je vous raconte la journée ! Contrairement à l’habitude dominicale, c’est François qui appelle le premier. Vas-tu pédaler ce matin ? Il allait se joindre à Paul et moi. Un peu comme les odeurs, le matin appartient à tout le monde mais trop peu en profite. Parlant de profiter de ce moment, bien que les boyaux soient confortables à rouler, ils demandent un peu plus de soins. Installé au sous-sol de la maison à les soigner et à préparer la guenille à se mettre sur le dos, ma fille m’appelle : téléphone. C’est Mario! À vélo depuis une heure, il m’appelle de son cellulaire. Il est en route pour venir me rejoindre à la maison. Quatre ! Nous serions quatre à rouler. Quatre et aucun sur la même fréquence. Est-il nécessaire de vous raconter que Paul m’a téléphoné, après tous les autres, pour me dire que l’on se rencontrait comme à l’habitude. Je disais donc que nous étions quatre à partir ce matin-là et il faisait un temps magnifique pour rouler. Je n’ai jamais su comment bien l’expliquer. Je ne crois pas être plus en mesure de bien vous l’expliquer cette fois-ci. Je me rappelle, une fois, j’ai demandé à un ami cycliste, à qui ce phénomène arrive, s’il voulait bien le partager à ceux qui non jamais eu la chance de le vivre. Tu sais, il y a juste toi qui peux raconter ça… Nous venions de rouler au-dessus de l’autoroute 10. À cet endroit, la 112 vient à la rencontre d’Orford. Le matin, le soleil est dos à nous. L’ombre d’Orford dort encore sur la montagne. Cette dernière accepte de se laisser chatouiller les pieds. Tout au long des 6 km qui serpentent la base de la montagne, la 112 vient à s’ouvrir sur le lac Orford. Habituellement, lorsque la dernière courbe avant de longer le lac est négociée, un silence s’installe. J’essaie de prendre le lead. Peut-être est-ce la paroi rocheuse qui surplombe le lac qui est responsable de ce phénomène? Mais il survient. Le lac est immobile. Le vent absent. Le temps vient de s’arrêter. Je roule avec les copains dans l’immobile. Le temps de reprendre la prochaine courbe. Le vent. C’est lui, je crois, qui nous déplace dans les espaces temps. 0 0 0 Elle a treize ans. Elle voulait un maillot. Il n’y pas eu de vent, de montagnes, de falaises, de courbes. Non! Rien de tout ça. Il y avait seulement une grande variété de maillots. Le temps s’est arrêté une deuxième fois pour moi cette journée-là. 1 heure 30 d’absence. Pour ma fille, le temps s’est plutôt accéléré. Le conflit intergénérationnel, ne serait-il pas un conflit temporel ? |
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